Monter au mât

 

 

Passage obligé, on fini toujours par avoir une raison de monter au mât. Parfois on peut le faire au port, mais parfois il faut le faire en mer. Les navigateurs solitaires le font même seuls, mais nous ne parlerons pas de ce dernier cas de figure.

De plus, en haut, du fait du bras de levier (notre mât fait 25 mètres) , ça gigote, il faut se tenir d’une main, travailler de l’autre, attraper les outils, les reposer… ça peut vite prendre une tournure sportive.

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Voici deux expériences malheureuses vécues par des amis :

  • Montée au winch électrique. Une fausse bonne idée. Il montait au mât, elle le faisait monter à l’aide du winch électrique. Le winch électrique a continué de tourner alors qu’elle n’appuyait plus sur l’interrupteur : oui, un winch électrique, c’est un contacteur électrique qui peut rester collé. C’est horrible, mais il vaut mieux que vous le sachiez, il est mort étouffé par le harnais, elle paniquée qui assistait à la scène impuissante. Bon, on n’insiste pas, c’était uniquement pour vous sensibiliser aux conséquences possibles. On ne vous fait pas un dessin: le winch électrique, ce n’est vraiment pas une bonne idée. Au pire du pire, si vous souhaitez quand même l’utiliser, fermez le clim de la drisse à laquelle est pendu le grimpeur de mât et gardez la main sur la drisse pour pouvoir la dégager du self à tout moment.
  • Montée en mer pour dégager un spi. 4 équipiers expérimentés à bord. Le spi battait au vent et on ne pouvait plus l’affaler car la drisse était coincée tout là haut. Bien sûr, il y avait de la mer… Notre ami, sportif et habitué au travail en hauteur est monté pour dégager la drisse de spi. Il n’avait pas de sangle pour s’attacher au mât, c’était la 1ère erreur. Il était équipé d’une chaise de calfat standard au confort sommaire, ce qui rendait sa situation plus pénible. Il n’avait pas de gants, ce qui rétrospectivement aurait été mieux. Bref, arrivé la haut, il a dégagé cette fichue drisse, les équipiers en bas étaient très concentrés (un spi qui bat au vent ça fait du bruit, ça déséquilibre le bateau qui gîte dans tous les sens), l’équipier qui avait monté notre ami l’a redescendu doucement, mais en cours de descente, le spi continuant à battre, panique à bord, pensant qu’il était redescendu sur le pont (pas de check visuel!), il est parti s’occuper du spi . Notre grimpeur s’est donc trouvé en milieu de mât, non attaché au mât (c’est à dire: sans sangle pour se mettre autour du mât), sur un bateau qui roulait fort. Il s’est accroché à la force des bras (et on peut vous dire que c’est un costaud) mais la fatigue venant et la mer toujours forte ont fini par lui faire lâcher prise. Bien sûr il appelait, criait mais en bas, avec le vent, personne ne l’entendait, tous étaient occupés au rattrapage du spi. Il a donc balancé au bout de la drisse, se cognant à chaque aller-retour dans ce qui paraissait interminable, incapable de s’accrocher chaque fois qu’il percutait le mât, blessé un peu plus à chaque fois par chaque hauban heurté. A un moment, à bout de ressources, il a même pensé à couper la drisse pour tomber à l’eau (un homme épuisé à la mer, avec des équipiers qui ne le savent pas… ça aurait probablement très mal fini). Finalement après 20 minutes, un équipier s’est demandé ou il était et l’a vu balançant impuissant au bout de la drisse. Il est redescendu, bien abimé, tétanisé, en état de choc, s’est mis au repos pendant plusieurs heures…

Donc, vous faites comme vous voulez mais personnellement, on retient que pour monter au mât, il faut :

  • Un équipement adéquat : baudrier d’escalade (mieux adapté qu’une chaise de calfat), gants (selon les cas) et sangle de 1m20 environ attachée au baudrier avec 2 mousquetons pour se sangler autour du mât au fur et à mesure de la montée et de la descente. Personnellement, nous utilisons une ceinture (type ceinture de charpentier) pour mettre les outils, une petite drisse à tout faire (attacher une pièce pour qu’elle ne tombe pas), un outil à tout faire (pince multifonction), un appareil photo (parce que parfois, on se pose la question de savoir comment s’est fait là haut, et ça peut éviter de remonter rien que pour voir.)
  • Un équipier dédié à la montée et la descente du grimpeur. Il ne doit pas quitter son poste tant que la manœuvre n’est pas finie et qu’il a personnellement vu le grimpeur redescendu sur le pont après la manoeuvre. Il doit agir calmement et veiller à toujours maîtriser la descente et la montée.
  • Ne pas céder à la tentation du winch électrique.

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